dimanche 15 janvier 2017

Le maternage ou … ma bouée de sauvetage.


Portage, allaitement, cododo and co. C'est pour bébé, pour son bien être, selon moi dans la logique continuité de la grossesse, dans l'amour, avec mon ressenti. Parce que je fonctionne à l'instinct et que je ne sais pas faire autrement tout simplement.




Mais avec un peu de recul je me rend compte que cette façon de faire m'est aussi fort utile ! En fin de compte il n'est en rien surprenant que la grande majorité des mères dans le monde agissent de la sorte. En effet en Afrique, Asie, Amérique du sud. Dans tous les pays dit « en voie de développement » les mères portent leur bébé, les allaitent, dorment avec etc. C'est l'industrialisation et la modernité qui sont venus proposer d'autres façons de prendre soin des bébés. Donner le biberon, faire dormir bébé dans un berceau dans une chambre à part, mettre bébé dans une poussette etc. Ce sont des phénomènes très récents. Censé rendre service aux mamans, il est légitime de les remettre en cause et dans nos pays dis «  industrialisé » ( quel vilaine nomination d'ailleurs) de plus en plus de parents remettent en cause ses « options ».
Tout n'est pas à rejeter, par exemple la plus grande implication des pères est une chose positive, les approches de la science dans la compréhension des besoins du bébé on d'ailleurs permis d'étayer les bienfaits du maternage proximal etc.

Mais concrètement, je pense aujourd'hui que nombreuses de ses « options » censées servir la mère et l'aider dans son quotidien avec bébé, l'on en fait desservie.

Aujourd'hui encore, avec mon 3em bébé je me suis faite ses réflexions :
( Je précise que comme mon 2em bébé, il souffre de RGO interne, la position allongée lui est donc difficile à supporter. Est il nécessaire que je précise également que TOUS les bébés on un besoin accrue de présence, de chaleur, de contact etc. qu'on ne parle pas de caprices chez un bébé, que les pleurs sont normaux et le seul moyen d'expression de leurs BESOINS etc. ?)

Si bébé n'était pas au sein : je devrait me lever la nuit pour lui préparer des biberons et cela me demanderais une organisation logistique et financière pour gérer ce coût supplémentaire


Si bébé n'était pas porté, dans mon dos ou contre ma poitrine je ne pourrai pas assurer les tâches ménagères de la maison, j'aurai beaucoup de mal à écrire cet article, je ne trouverai que difficilement le temps de faire travailler mes filles avec qui nous pratiquons l'instruction en famille.
Ou pour faire tout cela sans doute devrais je laisser mon bébé pleurer, peut être accomplirais-je donc mes tâches, le cœur serré, les terminant épuisée physiquement et moralement.

Si bébé ne dormais pas avec nous, tout contre moi, je devrai me lever la nuit, passer du temps à le rendormir, puis chercher à me rendormir moi même. Mes nuits serais probablement bien plus fatigantes et je me lèverait le matin fatigué, à force, très sûrement irritée.

(Petite anecdote : Un jour j'ai demandé à un ami touareg si chez lui les mamans dormaient avec leurs bébés, il m'a répondu l'air surpris : « Pourquoi ? Pas vous ? » En fait, à travers le monde il est plus fréquent de cododoter que l'inverse!)

Pour mes trois enfants, je me suis demandée comment ferais-je si javait fait des choix différents ? Très sincèrement je ne sais pas, car comme pour chacun d'entre nous j'ai fait mes choix en fonction de qui je suis. Je fonctionne ainsi car je serai incapable de faire autrement. J'ai choisi ce qui me convient le mieux, ce qui me semble le plus juste pour mes enfants.
Ainsi bébé est au sein car c'est pour moi ce qu'il y à de plus sain ( oui facile le jeu de mot bon … hein!) Je n'est rien à emporter lorsque je sort, tout est là à porter de main … euh de bouche !

Bébé dors près de moi ce qui nous permet à tous les deux de nous réveiller à peine, pour qu'il prenne le sein, puis nous nous rendormons.
Il est porté ce qui me permet de le réconforter, d'apaiser ses pleurs et de calmer ses remontées acide tout en vacant à mes occupations.

Bien sûr tout n'est pas idyllique. Parfois bébé à du mal à se rendormir, parfois il pleur plus que d'accoutumé et le portage en écharpe ne suffit pas à l'apaiser. Il y à donc des jours où je suis plus fatiguée, la maison est très souvent en désordre car ses deux grandes sœurs se chargent de mon aménagement intérieur !

J'accueil chaque jour comme un jour nouveaux, unique et qui ne présage rien de demain. J'ai vécu le burn out maternel avec ma seconde. Trop de charges, la volonté de vouloir toutes les gérer d'une main de maître. Les choses étaient certes différentes, mes responsabilités de l'époque ne me permettaient pas ce «  laisser aller » que je m'autorise maintenant. Mais puisque je le peut, pourquoi m'en priver ? Vouloir correspondre à l'image de la mère épanouie sur tous les plans et qui gère tout sans faille ? Pour le côté épanouie oui je veut bien, mais la perfection, très peu pour moi, elle n'est pas de ce monde et je ne la recherche pas. Que l'on se dise en me voyant que je suis une mère qui « assure » ne fera pas de moi une bonne mère.

Alors j'ai fait mes choix, déjà pour ma première. Sans soucis du qu'en diras t'on.
J'ai fait mes choix en fonction de moi, de mes valeurs, de ce qui compte à mes yeux, de ce qui fait notre équilibre à mon mari, mes enfant et moi ( encore, oui je sais … et j'assume hihi!)

Il est nécessaire d'aller bien pour prendre soin de ceux qu'on aime. Il y à certes des aspects éprouvants aussi, par exemple je souffre du dos comme après chacun de mes accouchements et le portage m'est difficile. Mais nous faisons nos choix en fonction de ce qui nous est le plus agréable et/ou le moins difficile, le moins pénible. Hors il m'est préférable d'avoir mal au dos que de laisser pleurer mon bébé, ou qu'être contrainte à ne rien pouvoir faire parce que je dois le porter, le rassurer, le consoler …

Ces choix s'étendent aussi à l'éducation de mes filles, j’essaie d'être autant que faire ce peu dans la bienveillance. Cela comporte aussi sa part éprouvante, en effet un enfants qui à la place de s'exprimer et d'expérimenter … la prend ! Alors je sais que cela leur seras bénéfique dans leur développement émotionnel, psychique, dans leur confiance en elles etc. Mais cela est parfois pénible et éprouvant. Tout cela demande une énergie folle...

Mais comme j'ai répondu il y à peu, à une maman chère à mon cœur qui disait admirer ma façon de faire avec mes enfants et le fait d'être mère au foyer, de pratiquer l'IEF ( instruction en famille) etc.

Ce ne sont que des choix, ni plus ni moins méritoires. Nous faisons tous nos choix en fonction de ce qui nous convient le mieux. Je fait simplement les choses ainsi car je ne pourrait pas faire autrement.
J'essaie de faire de mon mieux avec ce que je suis.
Pour moi le maternage est ce qu'il y à de meilleur, de plus juste, de plus naturel. Je ne cherche pas à avoir le package, j'écoute juste mon instinct et ce qu'il me dicte c'est de répondre aux besoins de mes enfants. Et je me trompe parfois, je fait des erreurs souvent, mais j'essaie de respecter les besoins de chacun des membres de notre famille.

Il est important de s'accorder vraiment cette liberté et de ne pas subir une situation qui en fait ne nous correspond pas. De faire de réels choix et non pas de chercher à coller à une image à laquelle nous voudrions ressembler.



Si nous faisons nos choix, de manière éclairée avec notre cœur, en fonction de qui nous sommes vraiment … Alors nous seront apaisé et même dans la difficulté tout se passera bien !