vendredi 6 décembre 2013

La puissance de l'accouchement

C'est un petit texte que j'ai écrit peu de temps après l'accouchement de ma 2ème. Il décrit un ressentit personnel qui peut ne pas être partagé, et je conçois tout à fait qu'on puisse ne pas partager mon point de vue. Quoi qu'il en soit, je ne vise pas à débattre sur le choix de la péridurale, j'aborde surtout un vécu personnel, un sentiment.



Tu sais ma fille je me suis sentie tellement fière de t'avoir mise au monde. D'avoir su supporter une telle douleur.
Je me suis sentie fière d'être femme. J'ai pensé à toutes les mères avec admiration.
Je me suis sentie si forte, capable de tout surmonter !

Déjà pour ta soeur je me sentait fière, mais j'avait néanmoins la déception de ne pas avoir pu aller jusqu'au bout. ( ayant eu recours à la péridurale par nécessité ).

Mais voilà qu'une pensée me viens :

Moi qui pour des raisons de santé considère la péridurale comme une solution de dernier recours, qui ne devrais pas être un premier choix, mais une réponse médicale à un besoins médical. Ma pensée se confirme pour d'autres raisons désormais.

La douleur de l'accouchement est considérée aujourd'hui comme un supplice auquel nous avons la chance de pouvoir échapper. Une souffrance inutile.
Dans notre société, dans les films ou même les médias, on nous montre des soldats blessés continuant de combattre. Valorisés et hissés au rang de héros, ce sont eux les braves les forts.

Or ce sont toutes ces femmes qui mettent au monde leurs enfants, parfois dans des conditions très difficiles, parfois seules, souvent dans la peur, toujours ou presque dans la douleur ...

Ce sont ces mères que nous devrions ériger au rang de héros. Car chaque jours dans l'ignorance, réduit au rang de banalité, elles accouchent.
Elles supportent une douleur largement équivalente si se n'est plus violente que ne peuvent l'être des blessures de guerres. Combien en garde les marques ?

Et pourtant, cette douleur est extraordinaire. La femme qui la ressent, qui vit cette aventure se sent tout à coups reliée, unie à l'ensemble des femmes et plus en encore reliée à la force incroyable du Vivant.

C'est une douleur qui unifie, qui relie. Cette douleur une fois passée laisse place à la joie, au soulagement. Elle nous apprend, nous confirme que tout passe et que le soulagement viens toujours après l'épreuve. Elle nous en apprend tellement sur nous même, c'est une leçon.

Elle nous permet de nous surpasser.
C'est après l'avoir surmontée que nous pouvons nous délecter de la fierté qu'elle nous donne, de cette force qu'elle laisse à jamais encrée en nous.

Accoucher dans la douleur n'est pas un fléau. C'est un don qui nous permet de nous accomplir un peu plus dans notre féminité.

Accoucher c'est vivre l'expérience de son corps, de soi même en laissant passer la vie à travers soi !

En vérité, si les femmes on étés éprouvées, si les hommes on eu la force physique, c'est qu'elles on eu la force intérieur, l'endurance, la résistance.

Croyez moi mes soeurs, accoucher nous aide à en prendre la mesure al hamdulillah.

PS : Quand je parle de douleurs je ne parle pas de la souffrance . Car la souffrance est néfaste et destructrice, elle porte préjudice à la mère et l'enfant. c'est d'ailleurs dans les cas où nous basculons de la douleur à la souffrance que j'estime la péridurale utile et même nécessaire. Mais nous ne pouvons juger que subjectivement du seuil de basculement de la douleur à la souffrance.